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Déblais de chantiers : à Bruyères-le-Châtel, on refuse que la nature serve de dépotoir

Alors qu’une très forte mobilisation est en cours à Saint-Hilaire, où la société Bouygues Travaux Publics prévoit de transporter 1,4 million de mètres cubes de sol de projets régionaux sur un site de 34 hectares, une lutte similaire est lancée dans le hameau d’Arpenty, à Bruyères -le-Châtel (Essonne).

Cette fois, c’est la société ECT, spécialisée dans la récupération et la réutilisation des sols excavés, pour mener à bien le projet. Au lieu-dit Champ-de-la-Mare, sur un terrain de près de 4 hectares, 90 000 mètres cubes de terrain provenant de chantiers, principalement des bâtiments, doivent être déchargés entre mars et juillet 2022. Une cinquantaine de camions par jour devraient faire le tour voyage dans cette période.

«Ils veulent utiliser la nature comme décharge», explique Emmanuel Desert, président de l’association nature de Breuillet, qui défend et promeut un environnement de qualité. Et cela, avec trois autres associations et le collectif Arpenty contre la décharge, vient de déposer un recours contre le permis de construire accordé par la Municipalité en mars 2021.

Un terrain classé «espace paysager à protéger»

«Ce terrain est classé en zone N par le plan d’urbanisme local, ce qui signifie qu’il s’agit d’un espace paysager à protéger», poursuit-il. Entre les deux, une carrière abandonnée depuis des années. Il agit comme un bassin de rétention d’eau. C’est grâce à elle que les habitants ne sont pas systématiquement inondés en cas de violentes tempêtes. S’il se remplit, comme le projet le prédit, ce sera un désastre. « 

Valérie Wallois, une résidente locale, confirme: «Nous vivons sur des sols argileux. L’aquifère est à un mètre au-dessus du sol. Nous avons tous des pompes de puisard pour évacuer l’eau. Sans cette carrière, je crains le pire. « 

Bruyères-le-Châtel, 28 avril 2021. Un étang est situé à proximité immédiate du terrain à aménager par la société ECT.
Bruyères-le-Châtel, 28 avril 2021. Un étang est situé à proximité immédiate du terrain à aménager par la société ECT. LP / Nolwenn Cosson

La parcelle protège également une zone humide classée. «Cet étang de 1 000 mètres carrés est alimenté par une source naturelle. Il est très apprécié des pêcheurs. Dans les documents que nous avons consultés, cela n’est jamais mentionné. Que va-t-elle devenir? Demande Philippe Scolaro. Ce résident a accidentellement découvert le panneau indiquant le permis de construire. «Nous avons pris connaissance du dossier», poursuit-il. Il n’a eu aucune communication ni aucune enquête publique. C’est déplorable. « 

La société ECT joue la pacification

Contactée, la société ECT tient à rassurer, et dément les allégations de dommages à l’environnement. Derrière ce projet, l’idée serait au contraire, explique ECT, de permettre à l’agriculteur propriétaire de cette terre auparavant inutilisable de l’exploiter pour la culture biologique. «Notre mission est d’identifier les terrains abandonnés ou sous-développés et de les valoriser avec l’ajout de terre», explique Laurent Magno, directeur de l’entreprise. Ce ne sont pas des déchets, et ce n’est pas parce que nous déplaçons cette terre qu’elle est forcément sale. De nombreux contrôles qualité seront effectués avant d’être amené sur le site. « 

Le projet de développement de la société ECT concerne un terrain de près de 4 hectares à Arpenty.
Le projet de développement de la société ECT concerne un terrain de près de 4 hectares à Arpenty. Nolwenn Cosson

Si une partie de la parcelle est cultivée, une zone boisée sera également réaménagée. La carrière sera bien nettoyée pour être remplie, mais des travaux de restauration de l’étang sont prévus. «Nous allons le nettoyer et l’éclaircir pour permettre à la végétation de mieux pousser», dit-il. Un aménagement a été conçu pour qu’il soit alimenté par le ruissellement des eaux pluviales, ce qui évitera les inondations. « 

Si les appels n’aboutissent pas, les travaux préparatoires débuteront en décembre 2021. «On conservera également une grande bande boisée pour le confort des habitants», promet enfin Laurent Magno. Qui précise: «C’est un projet très court dans le temps. A partir de juillet 2022, l’agriculteur pourra commencer à cultiver la parcelle. « 

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