les cours petroliers ont signe leur plus forte chute journaliere depuis septembre 660815

Pétrole Brent: la troisième vague de pandémie en Europe entraîne une chute spectaculaire des prix du pétrole

(BFM Bourse) – Pire baisse quotidienne en six mois pour les références mondiales de pétrole brut jeudi, dans un marché peu rassuré par l’évolution de la santé et son impact sur la reprise de la demande.

Trop haut, trop vite? Revenus à leurs niveaux «  d’avant Covid  » début février dans un contexte d’optimisme (a priori) inchangé des investisseurs à l’égard de la reprise économique, les prix du pétrole de référence ont fortement chuté jeudi, rapportant plus de 10% lors de la réunion avant la clôture. à la fin « limité » à environ -7%. La force de la pandémie de la «troisième vague» en Europe, obligeant plusieurs pays à réimposer d’importantes restrictions sanitaires, jette un doute sur la vigueur de la reprise de la demande énergétique.

Mais pas seulement, comme l’explique Benjamin Louvet, responsable matières premières chez Ofi Asset Management, qui évoque également «un rapport pas très positif de l’IEA (Agence internationale de l’énergie, NDLR), un marché que la dernière réunion de l’OPEP Pays exportateurs de pétrole, ndlr), des indicateurs économiques moyens en Asie, des taux en hausse, une campagne de vaccination tardive voire des revérifications en Italie, en France et en Allemagne ». Bref, il reste encore un long chemin à parcourir pour une véritable reprise des prix du pétrole, prédit l’expert.

La plus forte baisse depuis septembre

Pris ensemble, ces éléments ont clairement influencé l’enthousiasme des opérateurs et ont provoqué la pire baisse quotidienne des prix du brut depuis septembre. Le baril américain WTI pour livraison en avril a chuté de 7,12% (ou -4,60 $) à 60,00 $ US, tandis que le Brent de la mer du Nord pour livraison en mai a chuté. 6,94% (ou 4,72 $), jusqu’à 63,28 $, après avoir flirté avec le seuil de 70 $ en début de semaine.

Avec le plongeon de jeudi, les deux contrats à terme de référence ont suivi une cinquième session consécutive de baisse, « ce qui n’est pas sans précédent, mais est un phénomène rare », a déclaré Tamas Varga, analyste de PVM. Il faut remonter à la première semaine de septembre pour trouver la moindre trace d’une telle séquence baissière, déjà sur fond d’inquiétudes sur la demande d’or noir.

« Le sentiment négatif a été déclenché par des doutes en Europe sur le vaccin AstraZeneca et s’est cristallisé après la hausse des actions américaines », a déclaré Louise Dickson, analyste chez Rystad. Cependant, suspendu par plusieurs pays européens après avoir signalé d’éventuels effets secondaires, ce vaccin a été réhabilité jeudi après que l’Agence européenne des médicaments (EMA) l’a jugé « sûr et efficace ».

Stocks volant aux États-Unis

Aux États-Unis, le rapport hebdomadaire de l’Agence américaine d’information sur l’énergie, publié mercredi, faisait état d’une nouvelle augmentation des stocks de pétrole brut de 2,4 millions de barils au cours de la semaine se terminant le 12 mars. Cette augmentation est plus modeste que celle des deux semaines précédentes, lorsque les réserves de pétrole brut du pays ont explosé à la suite du passage d’une vague de froid hivernal au Texas, poumon énergétique des États-Unis, et du net ralentissement des raffineries. Mais à plus de 500 millions de barils, les réserves de pétrole américaines sont à leur plus haut depuis début décembre, proches des niveaux d’avril 2020 lorsque les capacités de stockage étaient totalement saturées, contribuant à la baisse sans précédent des prix du pétrole: l’or noir.

« Un autre coup dur a été porté par la publication du rapport mensuel de l’AIE », a ajouté Louise Dickson, l’Agence internationale de l’énergie qui a estimé mercredi que la demande mondiale de pétrole mettra deux ans pour revenir aux niveaux d’avant la crise.

La mauvaise session de jeudi à Wall Street, avec une baisse sensible du Nasdaq (-3%) en réponse à la reprise de la fièvre des emprunts d’Etat et au spectre d’un retour de l’inflation dans les mois à venir, a fini par corriger les deux références mondiales du pétrole brut. prix le jeudi. Cependant, ces derniers affichent toujours une progression de plus de 20% depuis le 1er janvier (+ 22,8% pour le Brent, + 23,4% pour le WTI). Et ce vendredi, le Brent atteint 2,26% à 64,29 $ et le WTI 2,23% à 60,85 $.

Quentin Soubranne – © 2021 Salon BFM

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